Anasayfa | 100 Questions & Réponses sur la Foi

Comment est traitée la croyance en l’au-delà dans le Coran?


La place et l’importance de l’au-delà dans le Coran

L’une des plus importantes différences entre le Coran et les autres livres divins ou non divins appartenant aux autres religions, est que le Saint Coran consacre une très grande place à l’au-delà et donne beaucoup d’informations à ce sujet. Voyonsce sujet sous différents sous-titres:

L’au-delà est l’un des desseins principaux du Coran:

Tous les exégètes s’accordent sur le fait que l’au-delà est l’une des bases du Coran.

İl y a diverses classifications[1]sur le réel sujet principal du Coran. Dans plusieurs classifications et dans le fondement des prêches du Messager d’Allah (PSBL) pendant la période de La Mecque,[2]il y a trois intentions: l’Unicité, la Prophétie et l’Au-delà.

Abu Hamid Al Ghazalî -qu’Allah lui fasse Miséricorde-(connu en Occident sous le nom d'Algazel est un soufi d'origine persane) affirme que les principaux sujets du Coran, qu’il nomme “mouhimmatou’l-Qur’an”, sont: connaître Allah, connaître l’au-delà, connaître le droit chemin. İl ajoute que les autres sujets du Saint Coran sont reliés à ceux-là.[3]

Fakhroddîn Râzi -qu’Allah lui fasse Miséricorde-(théologien de l’islam sunnite de rite chaféite) déclare que ces trois bases ne se séparent pas l’un de l’autre dans les versets du Coran, qu’ils se suivent, qu’après que l’un soit mentionné les deux autres sont mentionnés de suite et qu’après que les deux soient mentionnés, l’autre est mentionné par la suite.[4]Comme l’exprime Razi, dans l’ensemble du Coran on peut voir que le but est l’unicité d’Allah, la prophétie et l’au-delà. Les paraboles expriment en ordre ces fondements comme des proverbes.[5]Fakhroddîn Razi a souvent ajouté à ces trois bases une quatrième qui est le décret (d’Allah), et le destin.[6]

Saïd Nursî (qu’Allah lui fasse Miséricorde) a ajouté à ces trois bases la justice, il a parfois utilisé le terme résurrection physique à la place de résurrection et culte et justice au lieu de la justice. D’après lui, le thème de l’univers qui est mentionné en dehors des autres sujets, est sans rapport avec eux et montre la preuve du Créateur à travers la disposition de Son art.[7]

Shah Waliyullah Ad-Dahlawi (qu’Allah lui fasse Miséricorde) exprime que les significations que contient le Coran font partie de ces cinq sciences: les lois, l’analogie, se souvenir des bienfaits et de la bonté d’Allah, se souvenir des certains jours d’Allah (des jours où İl apporta malheurs aux tributs du passé) et se souvenir de la mort et de l’au-delà.[8]

Dans son livre al-Mahâwiru’l-Khamsa li’l-Qur’âni’l-Karîm (Les cinq axes du Coran) Mohammad Al-Ghazalî exprime qu’il est possible de dire que le Coran est basé sur cinq axes malgré la largeur des significations et la quantité des Sourates. Les cinq axes qui constituent les chapitres du Coran sont: Allah qui est unique, l’univers qui montre les signes du Créateur, les paraboles du Coran, la résurrection et le châtiment ou la récompense et enfin l’éducation et la législation.[9]

MuhammadAbduh lui, dit que le Coran est descendu sur ces cinq bases: l’Unicité, la promesse (Paradis), le châtiment (Enfer), le culte, expliquer la voie du bonheur et les paraboles.[10]

Dans son oeuvre intitulée “Les thèmes majeurs du Coran” (Major Themes of the Qur’an), Fazlurrahman explique aussi les thèmes à propos de l’homme, la nature, Satan et le mal à côté des thèmes tels que: Allah (Exalté), l’au-delà et la prophétie.[11]

Comme nous pouvons voir dans les classifications citées ci-dessus, l’un des points communs est l’au-delà. Ce sujet n’est pas traité seulement dans l’ensemble du Coran mais dans presque chaque Sourate, concis et détaillé. De plus si on examine le livre de Shahata appelé “Ahdafu Kulli Sûratin wa Makâsiduhâ” (le but et le dessein de toutes les Sourates du Coran), ce cas est clairement visible. Cette oeuvre parle d’une âme qui s’imprègne dans le Coran et dans chacune de ses Sourates et qui domine le principe, l’ordre, la signification et le style de cette Sourate.[12]Cette âme est le dessein principal du Coran qui est l’unicité, la prophétie, la résurrection et le culte. İl n’est pas dur de trouver ces desseins directement ou indirectement dans chaque chapitre.

Certains exégètes déclarent que tous ces desseins sont regroupés spécialement dans la Sourate al-Fâtiha.[13]

La Place et l’İmportance de l’Au-delàdans le Coran:

On peut classer les situations qui montrent la place et l’importance de l’au-delà dans le Coran comme suit:

a. Les versets concernant l’au-delà sont nombreux:

Àpart les versets qui sont indirectement reliés àl’au-delà dans le Coran, il y a environ mille neuf cents versets ayant un rapport direct avec l’au-delà, ce qui constitue 1/3 du Coran.[14]

b. Une grande place a été séparé aux différentes étapes de la vie de l’au-delà:

Dans le Coran, le sujet de l’au-delà est expliqué en détail. L’emparement de l’âme par les anges au moment de la mort, les signes du Jour du Jugement, les instants horribles qui auront lieu à travers le monde entier lors de la fin du monde, le souffle dans la Trompe par l’ange Israfil (Paix sur lui), la résurrection des gens et la sortie de leur tombe, le rassemblement des gens, le jugement, le dialogue mutuel qui aura lieu à ce moment, la distribution du livre des actes pour chacun, le groupement des gens selon l’endroit où ils vont être envoyés à savoir au Paradis ou en Enfer, la description détaillée des bienfaits du Paradis et du châtiment de l’Enfer, les anges qui s’adresseront aux gens du Paradis et à ceux en Enfer, les dialogues qui se passeront entre les gens du Paradis et les gens de l’Enfer, l’éternité de la vie du Paradis et de la vie de l’Enfer: tous ces sujets sont expliqués largement dans le Coran.

c. Certaines Sourates ont été nommées avec des termes qui signifient le Jour du Jugement ou alors avec des évènements qui ont eu lieu ce jour:

Qiyama (le Jour du Jugement), Haqqa (la vérité certaine), Qaria (le Fracas), Ghashiya (l’Enveloppante), İnfitar (la Rupture), İnshiqaq (la Déchirure), Takwir (l’Obscurcissement).

d. Dans beaucoup de versets, la foi en Allah (Exalté) et la foi en l’au-delà sont mentionnées ensemble[15]:

“…Quiconque d’entre eux a cru en Allah au Jour dernier et accompli de bonnes œuvres, sera récompensé par son Seigneur…” (2-Al Baqarah/La Vache, v. 62), “…Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier…” (La Vache, v. 177), “…Si vous croyez en Allah et au Jour dernier…” (4-Nisâ/Les femmes, v.59; 24-An Nûr/La lumière, v. 2) Comme dans ces versets et dans beaucoup d’autres, Allah et l’au-delà sont mentionnés ensemble. [16]Ceci montre que la foi en l’au-delà vient juste après la foi en Allah et que sans la foi en l’au-delà, la foi en Allah ne sert à rien et que cette foi ne serait pas véridique.

e. Allah -Le Puissant- a juré pour la résurrection après la mort et pour les promesses faites concernant les sujets de l’au-delà:

Les choses sur lesquelles Allah a juré concernant l’au-delà sont de trois sortes:

1. İl jure sur diverses créatures au sujet de l’au-delà. Dans ce cas-là, les créatures sur lesquelles Allah jure sont appelées muqsamun bih et les sujets concernant l’au-delà sur lesquels İl jure sont appelés muqsamun alayh. Comme dans ces versets: “Par les vents qui éparpillent! Par les porteurs de fardeaux! Par les glisseurs agiles! Par les distributeurs selon un commandement! Ce qui vous est promis est certainement vrai. Et la Rétribution arrivera inévitablement.” (51-Ad Dariyat/Qui éparpillent, v. 1-6), “Par At-Tûr! Et par un Livre écrit sur un parchemin déployé! Et par la Maison peuplée! Et par la Voûte élevée! Et par la Mer portée à ébullition! (au Jour dernier). Le châtiment de ton Seigneur aura lieu inévitablement.” (52- at-Tûr, v. 1-7), “Par ceux qu’on envoie en rafaleset qui soufflent en tempête! Et qui dispersent largement [dans toutes les directions]. Par ceux qui séparent nettement (le bien et le mal), et lancent un rappel en guise d’excuse ou d’avertissement! Ce qui vous est promis est inéluctable.” (77- Al Mursalate/Les Envoyés, v. 1-7)

2. Allah jure sur Lui-même que l’au-delà aura lieu. Voici l’exemple dans ce verset:“Par le Seigneur du ciel et de la terre! Ceci[17] est tout aussi vrai que le fait que vous parliez.” (51-Ad Dariyat/Qui éparpillent, v. 23) Allah compare la sureté que les choses dont İl nous a informés sont inéluctables comme il est aussi sûr que l’homme parle et existe. Tout le monde sait que l’homme est définitivement une créature qui parle, pas besoin de preuves pour cela. Personne n’en doute non plus. Et bien c’est exactement pour cela que l’unicité d’Allah, la prophétie, l’au-delà, ce qu’İl nous informe concernant Ses noms et de Ses attributs sont la pure vérité et aussi certain tout comme le don de parler de l’homme.[18]Cette façon de dire utilisée dans le Coran pour exprimer la véracité est pareille à cette phrase utilisée par les gens “c’est aussi vrai que ce soleil”. Sur ce sujet un poète dit: «Si une preuve est voulue aussi pour démontrer l’existence du jour alors tous ce qui se trouve dans les esprits seront faux, tout irait jusqu’à douter de tout, même des choses évidentes et de vouloir des preuves pour tout.”[19]

3. Parfois Allah a juré aussi par le Jour du Jugement. Dans ce cas, la chose par laquelle il est juré et pour laquelle il est juré signifie la même chose, c’est-à-dire le Jour du Jugement. Par exemple le verset “et par le jour promis!” (85- Al Buruj/Les Constellations, v. 2) est pareil. Jurer de cette façon existe aussi pour le Coran lui-même. Voici un autre exemple: “Lâ uqsimu bi-yawmi’l-Qiyama”(Al Qiyamah/La résurrection, v. 1)). La signification ici est “le Jour du Jugement aura lieu, nul besoin de jurer.” Jurer ici par ce jour confirme que ça se passera, élève la gloire de ce jour et attire le regard dessus.[20]

Dans ces trois versets, Allah ordonne au prophète Muhammed (PSBL) de jurer sur l’au-delà et le châtiment. “Et ils s’informent auprès de toi: «Est-ce vrai?»[21]Dis: «Oui! Par mon Seigneur! C’est bien vrai...”(10- Younous/Jonas, v.53), “Ceux qui ne croient pas disent: «L’Heure ne nous viendra pas». Dis: «Par mon Seigneur! Très certainement, elle vous viendra. [Mon Seigneur] le Connaisseur de l’İnconnaissable.” (34- Saba, v.3), “Ceux qui ont mécru prétendent qu’ils ne seront point ressuscités. Dis:«Mais si! Par mon Seigneur! Vous serez très certainement ressuscités; puis vous serez certes informés de ce que vous faisiez. Et cela est facile pour Allah.» (At Tagabun/La Grande Perte, v. 7)

f. Dans le Coran, les sujets concernant l’au-delà n’ont pas été transmis uniquement textuairement. Le Coran montre que la résurrection après la mort est rationnellement possible et insiste sur les preuves et les raisons qui montrent que cela aura lieu.

Beaucoup de versets répondent aux doutes et aux prétentions de ceux qui dénient l’au-delà et la résurrection et expliquent les raisons qui ont mené les gens à nier l’au-delà. Ceci montre que le Coran n’est pas juste un livre textuaire (Nakli) mais il est aussi un livre riche en preuves scientifiques (istidlal). C’est d’ailleurs pourquoi le Coran est aussi nommé “Hakîm” (Sage).

Les phrases sur le Jour du Jugement, la Résurrection et l’Au-delà:

Dans le Coran, il y a beaucoup d’expressions utilisées sur l’au-delà, la résurrection et le Jour du Jugement. Ces phrases peuvent être classées en trois groupes:

a. Les phrases qui relatent la fin qui frappera et la destruction de l’univers:

Le terme “fin du monde” qui est utilisé pour exprimer la destruction du système de l’univers et donc le commencement de la fin du monde, est indiqué d’une façon différente dans le Coran. La plus courante est “es-sâa” (l’heure). Le sens littéral du mot ici est utilisé pour indiquer un temps court.[22]Ce mot qui est propre au language du Coran est une belle expression pour expliquer l’horreur et la terreur de ce jour qui se déroulera en un laps de temps.[23]Nommer le Jour du Jugement comme étant “es-sâa” est dû à ce jour qui s’approche de nous en franchissant les temps et les souffles et non les distances. Ainsi donc, l’heure aura sonné pour celui qui meurt (petite apocalypse) et la fin de son monde frappera jusqu’à la grande heure. La grande heure (grande apocalypse) est relative aux jours d’une année par rapport à la vie de l’homme.[24]

Le mot al-Hâqqa signifie aussi le Jour du Jugement et indique qu’il aura lieu sans aucun doute et de toute évidence.[25]

Ce jour est aussi nommé al-Qariaà cause de la terreur et l’horreur que sèmera ce jour chez les gens, ce jour-là le ciel se séparera et se brisera, la terre et les montagnes se disperseront et les étoiles s’éteinderont pour s’éparpiller ensuite.[26]

Al-Azifa, es-Sâhha, al-Gashiya et at-Tâmma sont aussi des termes utilisés pour indiquer le Jour du Jugement. Azifa veut dire proche. İl y a plusieurs explications données pour l’utilisation de ce mot mais la plus connue est que ce fameux jour est très proche comparé à l’âge du monde.[27]Sâhha signifie une chose que l’on écoute avec attention à cause de la peur qu’elle provoque.[28]Gâshiya est utilisé pour signifier la peur qui couvre les gens et le feu de l’Enfer que subissent les mécréants. Tâmma veut dire couvrir.[29]

On peut remarquer que dans tous ces termes il y a un son violent qui écorche les oreilles, un son trop élevé qui irrite les oreilles de l’homme. Cette situation vient de l’harmonie qu’il y a entre le “sens” et le “Mot”, qui est l’une des caractéristiques miraculeuses du Noble Coran. Ces mots ont été si minutieusement choisi selon leurs lettres et leurs portées qu’ils nous rappellent obligatoirement l’horreur et la peur du Jour du Jugement.

b. Les phrases concernant la résurrection des morts et la sortie de la tombe puis le rassemblement des gens:

Dans le Coran la résurrection des gens est expliquée sous plusieurs termes comme ba’s,ihya, iada, tabba’sur, hashr, nashr, nash’a-i, uhra.

Ba’s littéralement veut dire bouger quelque chose de sa place, la faire bouger et la séparer. Le terme yawmu’l-ba’s est utilisé ici pour le Jour du Jugement car ce jour les gens seront levés de leur tombe pour être menés vers le lieu des comptes.[30] En réalité ba’s veut direirsâl (envoyer),[31]ces deux mots sont synonymes et c’est pourquoi ces deux phrases ont été utilisées “ba’astu rasûlen” et “arsaltu rasûlen” (J’ai envoyé un Messager).[32]Même si ce terme a été utilisé dans le Coran surtout pour indiquer la résurrection des morts ou l’envoi d’un messager,[33]il a été aussi utilisé dans certains versets dans le sens de: inspiration, réveiller du sommeil, apporter malheur (à quelqu’q-un) et nommer.[34]

Le verbe ba’sara qui se trouve dans le verset “wa iza’l-kubûru bu’sirat” veut dire disperser, tourner, mettre en dessus-dessous.[35] İl est aussi indiquer que ce verbe est une combinaison de ba’s et isâra. Ragib al Isfahani (savant musulman du XIe siècle en exégètes du Coran (tafsir) et de langue arabe) ne trouve pas cet avis inapproprié et agréé que ce mot contient ces significations.[36]

İl y a une différence entre ba’s et nushûr, “ba’su’l-halq” veut dire sortir les gens des tombes pour les emmener au lieu de rassemblement (d’attente) comme dans le verset “…Qui nous a ressuscités de là où nous dormions?” (Yâ-Sîn, v. 52). Alors que nushûr est l’action de montrer, de faire voir ouvertement ceux qui sont réssuscités ainsi que leurs actes comme dans les phrases “nashartu ismak” (j’ai montré, j’ai répandu ton nom) et “nashartu fazilata fulân” (j’ai montré-raconté la vertu de quelqu’un).[37]

İâda signifie “faire tourner”. Maâd veut dire “le lieu de retour”, l’au-delà.[38]

Nasha-i uhra(seconde création) est utilisé dans le Coran comme contraire à nasha-i ûlâ (première création). Ainsi, ceci est présenté comme une preuve à la résurrection. D’ailleurs Celui qui a créé quelque chose une fois est capable de le créer à nouveau.

İhyâ est l’un des termes les plus utilisés dans le Coran pour exprimer la résurrection. Ce mot est aussi bien utilisé pour expliquer l’esprit qui est soufflé aux créatures lors de leur première création que pour expliquer la résurrection des morts. Dans ce verset : «… alors qu’İl vous a donné la vie, quand vous en étiez privés?… » (2- Al Baqarah/La Vache, v. 28) ce mot est donc utilisé pour exprimer l’âme qui est soufflé au corps lors de la première création, alors que dans ce verset: «Celui-là [Allah] n’est-İl pas capable de faire revivre les morts?…» (75- Al Qiyamah/La Résurrection, v. 40), il signifie la résurrection des morts. À part cela, ce mot “ihyâ” passe aussi dans le Coran dans le sens de guidage (Hidayat), laisser en vie (Ibqâ), animer la terre avec des plantes.[39]

Le terme nashr qui exprime envoyer les ressuscités vers le lieu de rassemblement veut dire en réalité répandre quelque chose, l’allonger de tous sens. Son contraire est tayy (plier). Ce mot est utilisé dans le Coran dans le sens de ba’s et ihyâ mais aussi dans le sens de disperser, répandre.[40]

Hashrsignifie rassembler, réunir. En réalité ce mot veut dire bouger un groupe de l’endroit où ils se trouvent à cause d’une guerre ou d’une raison semblable.[41]

Pour en venir à la différence entre Djam (réunir) et hashr, hashr veut dire rassembler en envoyant. La phrase “yawmu’l-hashr” (jour du rassemblement) est utilisée dans ce sens. Ce jour-là, toutes les créatures se rassembleront et seront envoyées vers le lieu d’attente. Hashr n’est pas utilisé seulement pour les choses détestables car Allah Le Tout-Puissant dit dans un verset: “(Rappelle-toi) le jour où Nous rassemblerons les pieux sur des montures et en grande pompe, auprès du Tout Miséricordieux.” (19- Maryam/Marie, v. 85), comme on peut remarquer ici il est question de rassemblement pour une belle chose.[42]

c. Les phrases signifiantes l’Au-delà:

L’au-delà est souvent exprimé dans le Coran avec les mots al-yawm (ce jour), al-âkhira (l’au-delà) ou avec les deux ensemble al-yawmu’l-âkhir (dernier jour).

Akhira qui est dérivé du mot taahhur (être en arrière, rester en dernier),[43] indique qu’il y a un passé avant lui, que quelque chose est passé avant lui et qui est ici, c’est ce bas-monde.[44]Le monde vient avant l’au-delà, c’est pour ça que comparativement au monde il est nommé au-delà. Ces deux mots sont nommés en comparaison à l’un de l’autre comme les mots mari-femme, père-fils, droite-gauche et donc dounya-akhira. Alors lorsqu’on dit “monde” on pense directement à l’au-delà comme lorsqu’on dit “au-delà” on pense tout de suite au monde, l’un ne va pas sans l’autre. L’utilisation de ces deux mots a toujours été pris en considération dans le Coran.[45]

La raison pour laquelle l’au-delà est appelé akhira c’est parce-qu’elle a été créé après les autres créatures.[46] Cette explication est proche de celles ci-dessus.

Si le termeal-akhira est utilisé à la place de yawmu’l-akhira ou ad-dâru’l-akhira c’est parce-qu’il est accepté en tant qu’attribut dominant.[47]

Al-yawmu’l-âkhiraest un terme général et peut exprimer plusieurs termes en rapport avec l’au-delà. Ce terme comprend le sens de Jour du Jugement, la fin du monde, la résurrection des morts, le rassemblement (hashr, nashr), compte, distribution des livres des actes, la balance-mizan, le pont-sırat, le bassin-haws, l’intercession-shafaat, la vie du Paradis et la vie de l’Enfer.

La raison pour laquelle dans le verset “La Demeure de l’au-delà est assurément la vraie vie. S’ils savaient.” (29- Al Ankabut/l’Araignée, v. 64) le termeal-hayawân est utilisé pour l’au-delà vient du fait que c’est une vie éternelle, sans fin, sans coupure et immortelle.[49]De cette explication, on peut comprendre que le royaume de l’au-delà est la vie elle-même.[50]Ceci s’explique par le mot utilisé dans le verset au pluriel al-hayawân qui donne au mot une multiplicité au lieu du mot hayy (vivant). Allah (Exalté) attire ici l’attention sur le fait que c’est plutôt la vie de l’au-delàqui porte un prestige et non le monde ici-bas.[51]On peut aussi dire que cela signifie que la vie de l’au-delà sera vécue spirituellement et physiquement.

À travers cette explication, Fakhroddîn Râzi -qu’Allah lui fasse Miséricorde- dit en commentaire qu’avec le verset: “À ceux qui agissent en bien est réservée la meilleure (récompense) et même davantage…” (10- Jonas, v. 26) il y a plus et en abondance dans l’au-delà et qu’avec le verset “Le jour où les cœurs dévoileront leurs secret” (86- At tariq/L’Astre Nocturne, v. 9) il est indiqué que c’est un lieu complet, et de réelle compréhension. Le nom al-hayawân est octroyé donc aux créatures intelligentes qui grandissent et se développent dans l’au-delà.[52]C’est pour ça qu’il est dit que la terre et la pierre de l’au-delà sont vivantes, qu’ils entendent et qu’ils comprennent…

A côté de cela, beaucoup de noms signifiants l’au-delà ont dérivé de ce mot pour former certains noms, verbes et phrases en étant utilisés avec le mot yawm (jour) et qui expliquent les évènements qui auront lieu ce jour. Nous pouvons classer les noms attachés au terme yawm et expliquer la raison de cette nouvelle forme ainsi:

Yawmu’l-ba’s, parce-que ce jour les gens sont ressuscités dans un nouveau corps,

Yawmu’l-khuruj, parce-que les gens sortent de leur tombe et vont vers l’autre monde,

Yawmu’l-qiyama, parce-que les gens se dressent en voie de rendre des comptes devant Allah,

Yawmu’d-dîn, parce-que les gens seront traités selon leurs actions,

Yawmu’l-fasl wa Yawmu’l-fath, parce-que les gens seront jugés justement pour se séparer ensuite en groupe selon le verdict,

Yawmu’t-tagâbun, parce-que ce jour l’opprimé sera supérieur à l’oppresseur, les gens du Paradis au-dessus des gens de l’Enfer ou que ce jour est caché des gens,

Yawmu’l-hashr wa Yawmu’l-jam, parce-que ce jour toutes les créatures vont se rassembler au lieu d’attente,

Yawmu’l-hîsâb, parce-que les gens vont être appelés pour donner des comptes selon leurs actes,

Yawmu’l-waîd, parce-que la promesse d’Allah aux mécréants surviendra,

Yawmu’l-hasra, parce-que ce jour-là les mécréants et les rebelles regretteront ce qu’ils ont fait,

Yawmu’l-hulûd, parce-que là-bas la vie est éternelle,

Yawmu’l-azifa, parce-qu’on approche à chaque instant à ce jour,

Yawmu’t-talâk, parce-que c’est le jour de rencontre et retrouvaille,

Yawmu’l-wakti’l-ma’lûm, parce-que c’est le jour précis dont seul Allah est connaisseur,

D’autre part des adjectifs ont été aussi rajoutés au nom yawm, ce qui le transforme donc en adjectif comme: yawmun asîr (jour dur), yawmun alîm (jour de souffrance), yawmun azîm, yawmun kabir (grand jour), yawmun ma’lûm (jour précis), yawmun majmûun lahu’n-nâs (jour où les gens sont rassemblés), yawmun mashhûd (jour dont tout le monde sera témoin, que tout le monde verra), yawmun muhît (jour encerclant), yawmun sakîl (jour lourd).

İl y a aussi les mots reliés au nom dar (place, lieu, demeure) qui indique l’aspect matériel de la vie de l’au-delà comme par exemple:daru’l-âkhira(demeure de l’au-delà), daru’l-karâr (lieu de demeure éternelle, lieu sur lequel il est décidé), daru’l-khuld (demeure de l’éternité).[53]


BIBLIOGRAPHIES:

[1]. Suat Yıldırım, Fatiha ve En'am Sureleri Tefsiri, İmprimerie Çevik, İstanbul, 1989, p. 7.

[2]. Abu'l-Ala Mawdudî,Tafhimu'l-Qur'an, 2nd impr., İnsan Édit. İstanbul, 1991,  VII, 7.

[3]. Voir Abu Hâmid Gazalî, Jawâhiru'l-Qur'ân, expl., M. al-Kabbâbî, 2nd imp., 1986, p. 78.

[4]. Razi, XXV, 41.

[5]. Razî, XXVIII, 30.

[6]. Voir Razî, XX, 179; XXVI, 109.

[7]. Voir Saîd Nursî. İsharatu'l-İ'jaz fî Mazânni'l-İjâz, expl., İhsân Kâsım as-Sâlihî, Sözler Édit., İstanbul, 1990, p. 29; as-Saykalu'l-İslamî, Matbaatu'n-Nûr, Ankara,1958,  p. 9.

[8]. Waliyyullah Ahmad b. Abdurrahîm ad-Dahlawî,al-Fawzu'l-Kabîr fî Usûli't-Tafsîr, Traduit du Perse par Salmân al-Husaynî an-Nadwî, Daru'l-Bashâiri'l-İslâmiyya, Beyrouth, 1987, 2nd imp., p.19.

[9]. Gazalî,  Mohammad, al-Mahawiru'l-Hamsa li'l-Qur'âni'l-Karîm, p. 20.

[10]. Mohammad Abduh. Durusun mina'l-Qur'ân, Daru İhyâi'l-Ulum, Beyrouth, 1987, 4e imp. p. 26-27.

[11]. Voir Fazlurrahman, les thèmes principaux du Coran, Édition Fecir, Ankara, 1987

En revanche il est impossible d’agréer avec le point de vue de Fazlurrahman qui dit "Le but principal du Coran n’est pas Allah mais l’homme et le comportement de l’homme"  (ibid, p. 44) Car le but le plus important du Coran est de faire connaître Allah et d’expliquer Son unicité. C’est ici que repose son importance.

[12] Voir Abdullah Mahmûd Shahata,Ahdafu Kulli Suratin wa Makasiduha fi'l-Qur'ân'il-Karîm, al-Hay'atu'l-Mısriyyatu'l-Amme, Caire, 1980, 2nd imp., I, 6-7.

[13] Par exemple Razî dit dans son exégèse de la Sourate Fâtiha al-Hamdu lillah, ceci indiqueLe Créateur Libre; Rabbi'l-âlamîn, indique l’unicité, ar-Rahmâni'r-Rahîm, indique la miséricorde d’Allah dans ce monde et l’au-delà, Mâliki yevmi'd-dîn, indique la sagesse parfaite et la miséricorde d’Allah pour avoir créé l’au-delà. Nous avons jusqu’ici tous les éléments utiles pour compléter Son savoir, Sa Seigneurie. À partir de İyyâke na'budu' jusqu’à la fin de la Sourate, il fait signe de tout ce qui est nécessaire pour comprendre le rôle de serviteur envers Allah.(Razî, I, 216). Alors queM. Abduh explique que l’unicité est dans al-Hamdu lillahi Rabbi'l-âlamîn, la promesse est dans  er-Rahmâni'r-Rahîm, la promesse et le châtiment sont dans Mâliki yevmi'd-dîn, le culte dans İyyâke na'budu, les histoires et les nouvelles dans sırâtallezîne en'amte aleyhim, et explique qu’ainsi cette Sourate comprend les vrais desseins du Coran. (Abduh,Durusun mina'l-Qur'ân, p. 27-28). Saïd Nursî considère que chaque grande partie du Coran est placée dans de petites pièces d’où tous ces sujets sont sous-entendus dans chaque mot, par exemple dans bismillâh et al-hamdu lillâh, ces sujets s’y trouvent. Alors que "Bismillâh” fut révélé pour les serviteurs d’Allah, le terme kul (dit!) est compris dedans et il est particulièrement sous-entendu par tous les mots du Coran. Donc dans dit! il y a signe à la prophétie. Dans Bismillah il y a signe de divinité.Dans le préfixe de la préposition“bi-“ de“bismillah” on voit le signe de l’unicité.Dans er-Rahmân (Le plus miséricordieux) il y a une allusion à l’ordre de l’univers et donc à la justice et à la bienfaisance et enfin dans ar-Rahîm(Le Plus Compatissant) il y a allusion à l’au-delà. Comme ceci dans el-hamdu lillâh il y a signe de divinité et dans le “li-“ de “lillah” est sous-entendu l’unicité. Dans Rabbi'l- âlemîn on peut voir une allusion à la justice et à la prophétie. L’éducation de l’homme se fait par l’intermédiaire des Messagers. Et dans Mâliki yevmi'd-dîn il y a une explication explicite de la résurection. (Nursî,s.d., p. 30-31).

[14] Voir Fâvî, p. 14.

[15] Voir M. Fuâd Abdulbakî, al-Mu'jamu'l-Mufahras li-alfâzi'l-Qur'âni'l-Karîm, al-Maktabatu'l-İslâmiyya, İstanbul, 1982, p. 21; voir aussi Mevlüt Güngör, Kur'ân Penceresinden İmân, Amel, Hayat, Ahiret ve Kâinâta Bakış, Kur'ân Kitaplığı, İstanbul, 1995, p. 83

[16] Pour d’autres versets voir la Sourate La vache, v. 228, 232, 264; La famille d’İmran, v. 106; Les Femmes, v. 38, 39, 162; Le Repentir, v. 18, 29, 44, 45, 99; Les Coalisés, v. 21; La discussion, v.18; L’Éprouvée, v. 6.

[17] Le pronom innehu (lui) qui passe dans ce verset indique la “religion” transmise par notre Prophète, les sujets qui sont mentionnés dans le verset et les choses promises aux gens qui passent dans le verset précédent.(Mawardî, V, 368; İbnu'l-Jwazî, VII, 28) L’au-delà est aussi l’un des sujets.

[18]  Abu Abdillâh Mohammad İbn Kayymi'l-Jawziyya. at-Tibyan fi Aksami'l-Qur'an, expl., M. Sharîf Sukkar, Daru İhyâi'l-Ulûm, 1988,  p. 539.

[19]Wa laysa yasihhu fi'l-azhâni shay'un İza'htâja'n-nahâru ilâ dalîlin (İbn Kayyım,at-Tibyân, p. 539.

[20]İbn Kayyım, at-Tibyan, p.120, 170.

[21]  Le pronom hüve (lui) dans le verset se réfère à la résurrection et la torture dans l’au-delà. (voir Mawardî, II, 438).

[22]  Abu'l-Kâsım al-Husayn b. Mohammad ar-Rağıb al-İsfahanî al-Mufradât fî Ğarîbi'l-Qur'ân, expl. Mahammad Sayyid Kaylanî, Daru'l-Ma'rifa, Beyrouth, s.d.; p. 248.

[23] Mohammad as-Sadık İbrahim Urjun. al- Qur'ânu'l-Azîm Hidayatuhu wa İ'jazuh, 2nd imp., Daru'l-Kalam, Damas, 1989, p. 287 .

[24]  Mohammad b. Ali al-Hâtamî b. Arabî. al-Futuhatu'l-Makkiyya, Daru Sâdır, Beyrouth, s.d. II, 82.

[25]  Abu'l-Barakât Abdullah b. Ahmad an-Nasafî, Tafsîru'n-Nasafî (Madâriku't-Tanzîl wa Hakâiku't-Ta'wîl), Daru'l-Fikr, s.d. IV, 285.

[26] Razî, XXX, 90.

[27]  Voir Razî, XXVII, 44.

[28]  Mawardî, VI, 209.

[29]  Mawardî, VI, 199, 257.

[30]  Tabarî, I, 330.

[31]   Mawardî, I, 123.

[32]  Jamâluddin Mohammad İbn Manzûr, Lisânu'l-Arap, Daru Sâdır, Beyrouth, 1968, II, 116;  İbnu'l-Jawzî,Nüzheatu'l-A'yuni'n-Navâzır fî İlmi'l-Vucûhi wa'n-Nazâir, expl. M. Abdulkarîm Kâzım ar-Radî, Muassasatu'r-Risale, Beyrouth, 1987, 3e imp., p. 204.

[33]  Ali Akbar Kuraşî, Kamus-i Qur'ân, Daru'l-Kutubi'l-İslâmiyy, Téhéran, 1367, 5e imp.,  I, 202.

[34]  Pour les exemples voir İbnu'l-Jawzî, Nuzhatu'l-A'yun, p. 204-205.

[35] İbn Manzûr, IV, 72.

[36]  Voir Râğıb, al-Mufradât, p. 53

[37]  Abu Hilâl al-Askarî. al-Furuk fi'l-Luğa, 4e imp., Daru'l-Afaki'l-Jadîda, Beyrouth, 1980, p. 284.

[38] İbn Manzûr, III, 317.

[39]  İbnu'l-Jawzî,Nuzhatu'l-A'yun, p. 254.

[40]  Voir la Sourate “Les Prophètes », v. 21, “L’Ornement”, v. 11; İbnu'l-Jawzî,ibid, p. 584-585.

[41] Rağıb,al-Mufradât, p. 119; İbn Manzûr, IV, 190.

[42]  Askarî, 136. Le sens terminologique de ces termes diffère selon les différents points de vue sur l’au-delà. C’est pour cette raison que chaque groupe utilise ces mots par rapport à leur propre compréhension de l’au-delà. Nous pouvons classer ces groupes ainsi: Ceux qui disent que la résurrection se fera après la non-existence ou que la résurrection se fera après que les pièces dispersées soient regroupées, donc il ne sera question que d’une résurrection physique; Ceux qui pensent que la résurrection se fera et physiquement et spirituellement et enfin ceux qui considèrent qu’elle n’aura lieu que spirituellement. Le dernier point de vue appartient aux philosophes İslamiques et les autres aux savants de la science du kalam.

[43]  Qurtubî, I, 127.

[44]  Voir Tabarî, I, 138;  Mawardî, I, 70; Abu'l-Fidâ İsmail b. Kasîr. Tafsîru'l-Qur'âni'l-Azîm, Daru'l-Ma'rifa, Beyrouth, 1992,  I, 46;  İbnu'l-Jawzî, Nuzhatu'l-A'yun, 149.

[45]  Voir İzutsu, 78.

[46]  Voir Tabarî, I, 138; Mawardî, I, 71.

[47]  Voir Tabarî, I, 138.

[48]  Mohammad Abdullah ash-Sharkavî, al-İmân, Maktabatu'z-Zahrâ, Caire, 1989,  p. 291.

[49]  Tabarî, X, 159; Mawardî, IV, 293; İbn Kasîr, III, 431.

[50]  Zamahsharî, III, 211.

[51]  Zamahsharî, III, 212; Razî, XXV, 81.

[52] Razî, XXV, 81.

[53]  Abdulbâkî, p. 775-780; Abdurrahman Habannaka al-Maydanî, al-Akîdatu'l-İslâmiyya, 6e imp. Daru'l-Kalam, Damas, 1992, p. 538-539; Güngör, p. 83-90

Veysel Güllüce (Prof.Dr.)

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